TENSHI NA KONAMAIKI

Titre : Tenshi na Konamaiki, A Cheeky Angel
Titre VO : 天使な小生意気
Adapté du manga de Nishimori Hiroyuki.
Studio : Tokyo Movie Shinsha (Space Adventure Cobra, Metantei Conan, Doraemon).
Diffusion au Japon : Diffusé du 13 Avril 2002 au 29 Mars 2003 sur TV Tokyo.
Nombres d'épisodes vus : 26/50.
Date de la review: 24/07/2004

Amatsuka Megumi est la plus belle fille de son lycée. Un véritable ange, pourrait-on dire. Et pourtant, elle cache un terrible secret, que seule son amie Hanakain Miki connaît : Megu-chan a été un garçon. Non ce n'est pas un travesti…

Revenons 6 ans en arrière… Le jeune Megumi-kun joue au bord d'une rivière. Il sauve alors un homme d'une bande de voyous. Pour le remercier, ce dernier lui offre alors un livre qu'il dit magique. Une fois s'être à nouveau débarrassé des mêmes truands, Megumi ouvre enfin l’ouvrage et… oh magie, un Pierrot apparaît pour exaucer un vœu. Le garçon demande alors d'être l'homme le plus fort parmi les hommes. Mais, bien au contraire, le vœu accordé est en fait à l'opposé de ce qu'il avait demandé. Megumi devient alors une jolie jeune fille (ce qui est, ma foi, un peu logique : seule une femme peut venir à bout des plus puissants hommes). Assez impulsive, notre Megumi-chan jette alors le livre dans la rivière

Megumi-kun et Miki enfant.
Le mystérieux Pierrot du livre magique.
Mon Dieu, "Il" a disparu.


Aujourd’hui, c'est la rentrée scolaire et Megu-chan a bien grandi. Seize ans et toutes ses dents, elle n'a qu'une idée en tête : redevenir un homme ! Mais c’est une entreprise assez complexe lorsque l’on est aussi belle et que tous les garçons vous mangent dans la main. D'ailleurs, 3 d'entre eux créeront le " Club de Protection de Megumi " pour éviter que certaines personnes un peu trop pressantes ne s’approchent d’elle. Touchée par leur bienveillance, la jeune fille va ainsi avouer son secret à Genzo, Fujiki et Yasuda. Ces derniers, bien qu'ayant des sentiments pour elle, lui promettent de tout mettre en œuvre pour retrouver le livre magique qui la fera redevenir un homme…

A la première approche, on se rend compte que le design est assez rebutant. N'y allons pas par quatre chemins : les dessins sont moches. Le chara-design est directement inspiré du manga de Nishimori Hiroyuki et contrairement à d'autres séries, il n'a pas été remanié et rendu plus beau comme dans Fruits Basket par exemple. Et pourtant, n'en déplaise aux à certains, ce qui compte, c’est la qualité du scénario. Cependant, une fois habitués à ce style particulier, vous prendrez autant de plaisir que moi à le regarder, du moins si les fresques longues ne vous effraient pas. Non seulement on adore mais en plus on accroche facilement à l'intrigue principale : Megumi redeviendra-t-elle un homme ?
Les apparences sont parfois trompeuses,
malgré son design assez spécial,
Tenchi na Konamaiki est un excellent animé.

Il est rare de nos jours que les animes japonais humoristiques ne tombent pas dans le classique d’une petite culotte à droite, ou d’un soutien-gorge à gauche. Certes, ces séries sont un régal pour les yeux (enfin surtout pour ces frustrés de pervers japonais) et un repos parfois mérité pour le cerveau. Mais encore ? Tenshi na Konamaiki arrive à se démarquer de ce fan-service ambiant, un peu trop proliférant par moment, même si du bon peut parfois en découler (Mahoromatic, Love Hina, Vandread…).

Non, non, je ne qualifie pas Tenshi na Konamaiki de chef d'œuvre, loin de là. Mais, je vous garantis que le rire sera au rendez-vous. Cependant, pourquoi est-ce que je vous parle de fan-service ? Et bien, contrairement à ces animes où c'est un jeune homme qui est au centre de l'histoire, assailli par une horde de femmes, ici, c'est notre impertinente d'ange qui est entourée de toutes les attentions et par des gardes du corps un peu clichés : le pervers (Yasuda), le type banal (Fujiki), la brute idiote (Genzo) et le playboy froid (Kobayashi)

Un gars cool, un mec banal, un idiot ou un pervers ? Qui de ces 4 prétendants notre ange choisira-t-elle ?

L'humour y est omniprésent. Normal me direz-vous pour ce genre de série. L'idée du garçon devenu une fille a déjà été exploitée par Takahashi Rumiko dans Ranma ½, mais dans Tenshi na Konamaiki, cela prend une autre tournure. Même si, elle se refuse à l'avouer, Megumi se plaît relativement bien en fille. Etant assez violente et impulsive (elle n'hésite d'ailleurs pas à frapper Genzo dans les bijoux de famille à chacune de ses tentatives de baiser volé), la jeune fille est quand même assez sensible et aime être protégée par ceux qu’elle apprécient. Cette dernière est assez protectrice envers ses amis comme le montre les épisodes du séjour à Ôsaka ou encore lors des fiançailles de Miki. C’est peut-être son côté garçon manqué qui ressort ?

Mais, durant l’adolescence naissent aussi les premiers amours. Au fur et à mesure de l'avancement du scénario, notre ange se demande si elle ne commence pas à avoir des sentiments envers les hommes (dommage, j'aurais bien aimé qu'elle soit lesbienne moi :P [Nd Fen : Non, je ne suis toujours pas responsable ! Comprenez que cette personne, comme tout les membres de Manganimation d’ailleurs, a une vie affective et sexuelle profondément troublée, dérangée, voire inexistante… Un peu de compréhension s’il vous plaît…]). Genzo marque ainsi de plus en plus de points à chaque fois que ce fou la protège. Ah s'il suffisait de protéger une personne pour que celle-ci devienne amoureuse de vous, ça se saurait ! La vie n’est donc pas facile pour se garçon, qui à l’instar d’un Keitaro dans Love Hina, passera l’anime à s’en prendre plein la figure ou ailleurs... Mais la peine est absente devant tout ces sévices, puisque chacune de ces situations nous place dans un état de fou rire intense. D'ailleurs, parlons des personnages principaux.

Soga Genzo est le furyô classique des shônen : très bagarreur, pas très futé, mais au fond avec un cœur gros comme ça, dont seul un fourreau pourrait contenir sa folie destructrice comme dirait Katsura Kogorô dans Tsuihoku Hen [Nd Fen : Ca y est, nous voilà partis dans les références à la con… En plus, on la sort tout le temps celle-là… Mais Tomoe est morte !]. Et Megumi semble être ceci. Genzo eu le coup de foudre, après sa première expérience de coup de pied, pour avoir envoyer balader une jeune fille un peu trop collante. Devenu fou amoureux, celui-ci reniera son côté mauvais garçon et essayera de devenir un gentleman sans pour autant réussir. Il passera même plus souvent pour un idiot complet, tellement son raisonnement est illogique. Mais c'est surtout sa passion qui l’entraîne, une totale abnégation qui plaira à Megumi.
Kobayashi Kazufumi est tout son contraire. Le jour et la nuit en somme. Là où Genzo fonce tête baissée, Kobayashi, lui, est plus calme et réfléchi. D'ailleurs, comme tous les autres personnages, il est assez classique, jouant le rôle du beau gosse froid et ténébreux, pas très ouvert envers le monde. Son gros point faible est que, contrairement à Genzo, il n'a aucun sens de l'humour et a un visage assez figé. Néanmoins, il est physiquement aussi fort et pratique le karaté dans le dojo familial. Sa rencontre avec Megumi le changera également.
Fujiki Ichiro, lui, souffre d’un complexe d’infériorité, enfin, disons plutôt le complexe d'être toujours moyen. En effet depuis son enfance, personne ne le remarque, jamais premier, jamais dernier. Même sa famille dit de lui qu'il n'est qu’un type banal sans intérêt. Mais pourtant, Fujiki est doté d'un immense courage et n'hésite pas à se battre ou se sacrifier pour protéger ses amis. Sa rencontre avec Megumi le fera reprendre confiance en lui.
Yasuda Tasuke est le pervers de la bande. Ne dites pas qu'il est un simple pervers ça le vexerait, il se veut être le plus grand pervers du Japon. Rien que ça ! Saignements de nez, bave aux lèvres, pensées érotiques à tout va, fantasmes sur les cosplays, tout les stéréotypes habituels en bref, sont son lot quotidien. Sa leitmotiv est "être pervers est bien".
Mais tout ce petit monde serait, sans doute, déjà mort, tué par Megumi, s'il n'y avait pas Hanakain Miki. Elle est sa meilleure amie et fut la seule pendant longtemps à partager son secret. Miki fait un peu figure de Jiminy Cricket, c'est-à-dire la conscience de la jeune fille. Mais au fond d'elle, Miki souhaite de tout son cœur que Megumi-chan ne redevienne pas Megumi-kun…

Il est à noter que l'anime ne serait rien sans ses seiyuu. Les excellents jeux d'acteur de Hayashibara Megumi (Faye Valentine dans Cowboy Bebop, Ayanami Rei dans Evangelion, Lina Inverse dans Slayers ect…) et de Ueda Yûji (Urashima Keitaro dans Love Hina, Sagara Sanosuke dans Rurôni Kenshin ect…), respectivement Megumi et Yasuda, jouent beaucoup sur le dynamisme de la série et montrent la voie à d’autres doubleurs; certes moins connus, mais tout aussi compétents. Mais le meilleur rôle es sans doute celui possédé par la personne prêtant sa voix à Genzo. Doublé par Takagi Wataru (Onizuka Eikichi dans GTO, Kenji dans Initial D ect…), ce dernier est tantôt une brute épaisse sans cervelle, tantôt un gamin pleurnichard. Ce personnage arrive à nous faire mourir de rire et le talent de son interprète y est pour beaucoup, tellement son registre est large.
Les opening et ending sont excellents et donnent une accroche supplémentaire au visionnage. On ne le remarque souvent pas, mais si on zappe pendant le générique, on ne prend souvent pas la peine de continuer à regarder la série [Nd Fen : Le genre de tactiques qui m’ont fait raté Wolf’s Rain parce que j’étais dans ma période « rejet de toute chanson non japonaise »… Technique superbe, je vous assure…].

Au Japon, le manga n'est toujours pas fini et Megumi n'a pas encore achevé sa quête. J'espère que cela durera encore très longtemps car cette anime est excellent et le manga doit sûrement l'être, j'imagine. A quand une sortie en France ? Si vous avez aimé Ranma ½, et Love Hina, mixez le tout et vous obtiendrez Tenshi na Konamaiki !

Rédaction : 流川
Sans contrefaçon je suis un garçon